L’observatoire des politiques économiques en Europe

Le discours de Monsieur Noyer

N° 4 - Été 2001

Christian Noyer


Le 6 Février dernier, Monsieur Christian Noyer, Vice-Président de la BCE a fait une conférence sur les questions d’actualité en politique monétaire, à l’invitation de l’OPEE. Dans son discours [1], Monsieur Noyer a insisté sur 3 points :

  • la stratégie des deux piliers
  • les changements structurels auxquels est confrontée la politique monétaire : changements sur les marchés des capitaux, accroissement de la concurrence et impact des NTIC
  • la situation économique et monétaire de la zone euro.

Nous publions la conclusion de son intervention.

Globalement, on peut à juste titre dire que les deux premières années d’existence de l’euro ont été un succès. Au début de l’Union monétaire, l’environnement économique dans la zone euro demeurait marqué par les crises asiatiques et russes et entachait de fortes incertitudes la croissance économique mondiale. À l’heure qu’il est, la situation économique de la zone euro est beaucoup plus favorable, même si les incertitudes liées à l’environnement extérieur se sont renforcées ces derniers temps. La hausse des prix à la consommation dépasse actuellement 2 %, mais la cause principale en sont les effets directs résultant du choc pétrolier extérieur contre lesquels la politique monétaire est impuissante. C’est un signe très positif pour la crédibilité de la BCE que, dans ces circonstances, les anticipations d’inflation demeurent contenues comme en rendent compte, par exemple, les indicateurs des marchés des capitaux et les données d’enquête. Cela montre que primauté accordée à la stabilité par la BCE est bien comprise par les marchés et le public.

Je suis également optimiste en ce qui concerne le futur. Le maintien de la stabilité des prix à moyen terme fournira une importante contribution à la réalisation d’une croissance durable et au bien-être économique de la population de la zone euro. Si les autres domaines de la politique jouent également leur rôle, nous avons toutes les raisons d’être confiants quant à l’avenir de la zone euro.

Enfin, je souhaiterais attirer votre attention sur un défi particulier qu’il conviendra de relever cette année ou, pour être plus précis, à la fin de l’année : il s’agit de l’introduction des billets et des pièces en euros, et le basculement général à l’euro comme unité de compte. En ce qui concerne l’Eurosystème, notre responsabilité concerne l’achèvement de l’impression des quelque 14,5 milliards de billets (pour une valeur de 650 milliards d’euros) et la mise en circulation des billets et des pièces. Pour cela, nous avons programmé une campagne d’information qui a pour objet de familiariser les populations à l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro avec la nouvelle monnaie. À partir du 1erseptembre 2001, nous débuterons la pré-alimentation des établissements de crédit, et ces derniers assureront la pré-alimentation subsidiaire des groupes professionnels (détaillants, transporteurs de fonds, exploitants d’accepteurs de billets et de pièces). À compter de la seconde quinzaine de décembre 2001, dans plusieurs États membres, le public recevra des sachets premiers euros contenant une série de pièces en euros, et cela pour faciliter les premiers achats en 2002. Je suis convaincu que l’introduction physique de l’euro constituera une étape décisive dans la voie de l’intégration de la zone euro et contribuera à accroître l’acceptation de l’euro par la population de la zone euro et des pays extérieurs.

[1Discours publié sur le site de la Banque Centrale Européenne : http://www.ecb.int/key/01/sp010206fr.htm

Christian Noyer : Banque de France